Hémorragie du vitré : causes, symptômes et traitements

L’hémorragie du vitré (ou hémorragie intravitréenne) est la présence de sang dans le vitré, le gel transparent qui remplit l’intérieur de l’œil. Normalement parfaitement clair, le vitré laisse passer la lumière vers la rétine ; lorsqu’il se remplit de sang, la lumière est bloquée et la vision chute. Le symptôme typique est une baisse de vision brutale et indolore, précédée ou accompagnée d’une pluie de corps flottants, d’un voile rouge, brun ou noir, voire d’une perception de « fumée » ou de « toiles ». Les causes principales sont la rétinopathie diabétique proliférante (cause majeure chez l’adulte), une déchirure rétinienne survenant lors d’un décollement postérieur du vitré, les occlusions veineuses rétiniennes, la DMLA, les traumatismes et les macroanévrismes. C’est une situation qui impose un examen ophtalmologique rapide : si le sang empêche de voir la rétine au fond d’œil, une échographie oculaire (mode B) est réalisée pour rechercher une déchirure ou un décollement de rétine caché derrière l’hémorragie. Le traitement dépend de la cause : surveillance (le sang peut se résorber spontanément), laser, injections, ou chirurgie (vitrectomie).

L'hémorragie du vitré désigne une issue de sang brutale à l'intérieur de l'œil. Elle cause des corps flottants et une baisse de vision.

L’hémorragie du vitré en bref

  • Définition : présence de sang dans le vitré (gel transparent de l’œil) bloquant le passage de la lumière
  • Symptôme typique : baisse de vision brutale et indolore, pluie de corps flottants, voile rouge/brun/noir
  • Cause majeure chez l’adulte : rétinopathie diabétique proliférante (néovaisseaux fragiles qui saignent)
  • Autres causes : déchirure rétinienne lors d’un décollement du vitré, occlusions veineuses, DMLA, traumatisme, macroanévrisme, anticoagulants
  • Examen rapide nécessaire pour identifier la cause et éliminer une déchirure/décollement
  • Examen clé si fond d’œil masqué : échographie oculaire en mode B (recherche déchirure/décollement caché)
  • Diagnostic : fond d’œil, échographie B, OCT, angiographie selon le cas
  • Traitement : surveillance (résorption spontanée possible), laser, anti-VEGF, vitrectomie si nécessaire
  • Pronostic : dépend surtout de la cause sous-jacente et de l’état de la rétine

Qu’est-ce qu’une hémorragie du vitré ? Définition

L’hémorragie du vitré est la présence de sang dans le gel transparent qui remplit l’œil (le vitré). Ce sang bloque le passage de la lumière vers la rétine et provoque une baisse de vision brutale et indolore, avec corps flottants et voile sombre. Ce n’est pas une maladie en soi mais le signe d’un saignement intraoculaire dont il faut identifier la cause en urgence.

Le vitré occupe la plus grande partie du volume de l’œil, entre le cristallin et la rétine. Parfaitement transparent à l’état normal, il laisse passer librement la lumière. La rétine, au fond de l’œil, est richement vascularisée. Quand un vaisseau sanguin rétinien (ou un néovaisseau anormal) se rompt, le sang se répand dans le vitré.

Selon l’abondance du saignement, l’hémorragie peut être minime (quelques corps flottants sombres, vision peu altérée) ou massive (vision réduite à la perception de la lumière, fond d’œil totalement masqué). Le sang a tendance à se résorber spontanément avec le temps, mais ce qui compte avant tout, c’est d’identifier et traiter la cause du saignement.

Les causes de l’hémorragie du vitré

Rétinopathie diabétique proliférante (cause majeure)

C’est la première cause d’hémorragie du vitré chez l’adulte. Dans la rétinopathie diabétique avancée, la rétine mal oxygénée fabrique des néovaisseaux anormaux et fragiles, qui saignent facilement dans le vitré. Une hémorragie du vitré chez un diabétique signe souvent une rétinopathie proliférante nécessitant un traitement par laser panrétinien et/ou anti-VEGF.

Déchirure rétinienne et décollement postérieur du vitré

Lors d’un décollement postérieur du vitré, la traction du vitré peut rompre un petit vaisseau rétinien et provoquer une hémorragie, souvent associée à une déchirure de la rétine. C’est une situation à risque de décollement de rétine : la déchirure doit être recherchée et traitée d’urgence.

Autres causes

  • Occlusions veineuses rétiniennes — peuvent générer des néovaisseaux qui saignent
  • DMLA exsudative — les néovaisseaux choroïdiens peuvent saigner massivement
  • Traumatisme oculaire — choc contondant ou plaie
  • Macroanévrisme artériel rétinien — dilatation d’une artère rétinienne qui se rompt
  • Myopie forte (néovaisseaux, fragilité rétinienne)
  • Traitements anticoagulants ou antiagrégants — favorisent ou aggravent le saignement
  • Plus rarement : hémopathies, syndrome de Terson (hémorragie méningée associée)

Symptômes

  • Baisse de vision brutale et indolore — d’intensité variable selon l’abondance du saignement
  • Pluie de corps flottants d’apparition soudaine — points, filaments sombres qui envahissent le champ visuel
  • Voile rouge, brun ou noir sur la vision
  • Perception de « fumée », de « toiles d’araignée » ou de filaments mobiles
  • Dans les formes massives : vision réduite à la perception de la lumière
  • Caractère typiquement unilatéral et indolore (l’absence de douleur ne doit pas rassurer : il faut consulter)

Pourquoi consulter rapidement ? Le rôle de l’échographie

Une hémorragie du vitré n’est pas douloureuse, mais elle impose une consultation ophtalmologique rapide. L’enjeu majeur est de déterminer la cause et, surtout, de ne pas passer à côté d’une déchirure ou d’un décollement de rétine caché derrière le sang.

Quand l’hémorragie est suffisamment importante, elle masque le fond d’œil : l’ophtalmologiste ne peut plus voir la rétine. C’est là qu’intervient l’échographie oculaire en mode B : cet examen, rapide et indolore, « voit à travers » le sang et permet de vérifier que la rétine est en place, ou au contraire de détecter une déchirure ou un décollement nécessitant une chirurgie urgente. L’échographie est répétée tant que le fond d’œil reste inaccessible.

Diagnostic

  • Interrogatoire — mode d’apparition, antécédents (diabète, occlusion, myopie, traumatisme, anticoagulants)
  • Fond d’œil dilaté — si le sang le permet, pour identifier la source du saignement (néovaisseaux, déchirure, macroanévrisme)
  • Échographie oculaire en mode B — essentielle si le fond d’œil est masqué, pour rechercher une déchirure ou un décollement de rétine sous-jacent
  • OCT — quand la transparence le permet, pour analyser la macula
  • Angiographie — pour préciser une cause vasculaire (diabète, occlusion veineuse)
  • Examen de l’autre œil et bilan général (équilibre du diabète, tension, traitement anticoagulant)

Le mot de l’ophtalmologue sur l’hémorragie du vitré

« Une hémorragie du vitré, c’est une baisse de vision brutale et indolore : le patient décrit souvent un voile rouge ou sombre, ou une pluie soudaine de corps flottants. Le réflexe doit être de consulter rapidement, car derrière ce sang se cache une cause qu’il faut absolument identifier. Mon raisonnement comporte deux temps. Premier temps : éliminer l’urgence chirurgicale. Quand le sang m’empêche de voir la rétine, je m’appuie sur l’échographie en mode B — un examen précieux qui me permet de « voir à travers » l’hémorragie et de vérifier qu’il n’y a pas de déchirure ni de décollement de rétine caché. C’est capital, car un décollement masqué par du sang et non traité peut faire perdre l’œil. Deuxième temps : traiter la cause. Chez l’adulte, je pense d’abord à la rétinopathie diabétique proliférante, et l’hémorragie est alors un signal d’alarme qui impose un traitement par laser et parfois anti-VEGF. Bonne nouvelle pour rassurer : dans beaucoup de cas, le sang se résorbe tout seul en quelques semaines. Mais cette résorption ne dispense jamais de traiter la cause sous-jacente — sinon le saignement récidive. »

Dr Hugo Bourdon — Ophtalmologue, chirurgien réfractif

Traitement de l’hémorragie du vitré

Surveillance et résorption spontanée

Lorsqu’aucune déchirure ni décollement n’est mis en évidence, et quand la cause est contrôlée, on peut laisser le sang se résorber spontanément, ce qui prend de quelques semaines à quelques mois. Le repos relatif, parfois la position semi-assise (pour laisser le sang se déposer dans le bas de l’œil et dégager l’axe visuel) et l’éventuelle suspension d’un anticoagulant (en accord avec le médecin) accompagnent cette surveillance. Une échographie de contrôle vérifie que la rétine reste en place pendant la résorption.

Traitement de la cause

  • Laser de photocoagulation — sur une déchirure rétinienne dès que le sang le permet, ou laser panrétinien dans la rétinopathie diabétique proliférante
  • Injections intravitréennes d’anti-VEGF — pour faire régresser les néovaisseaux (diabète, occlusion veineuse, DMLA)
  • Équilibre du diabète et de la tension artérielle dans les causes vasculaires

Vitrectomie chirurgicale

La vitrectomie (ablation chirurgicale du vitré et du sang) est indiquée quand l’hémorragie ne se résorbe pas après un délai raisonnable, quand elle est massive et bilatérale, ou quand il faut traiter une cause sous-jacente non accessible autrement (décollement de rétine, rétinopathie diabétique proliférante sévère). Elle permet de restaurer la transparence, de traiter la rétine dans le même temps (laser, libération de tractions) et de réappliquer une rétine décollée.

Tableau récapitulatif : causes et prise en charge

CauseMécanismePrise en charge
Rétinopathie diabétique proliféranteNéovaisseaux fragiles qui saignentLaser panrétinien, anti-VEGF, vitrectomie si besoin
Déchirure rétinienne / décollement du vitréRupture d’un vaisseau lors de la tractionLaser sur la déchirure en urgence (échographie si fond d’œil masqué)
Occlusion veineuse rétinienneNéovaisseaux secondairesAnti-VEGF, laser, contrôle tensionnel
DMLA exsudativeNéovaisseaux choroïdiensAnti-VEGF
TraumatismeRupture vasculaire directeSurveillance, chirurgie selon les lésions
Identifier la cause est l’étape clé : le sang se résorbe, mais la cause doit être traitée

Idées reçues sur l’hémorragie du vitré

  • « Le sang se résorbe, donc ce n’est pas grave » — Faux. Le sang se résorbe souvent, mais la cause (déchirure, rétinopathie diabétique) peut être grave et doit être traitée
  • « Pas de douleur = pas d’urgence » — Faux. L’hémorragie du vitré est indolore mais nécessite un examen rapide
  • « Il faut opérer en urgence » — Pas toujours. Beaucoup d’hémorragies sont d’abord surveillées ; la chirurgie est réservée à certaines situations
  • « Un collyre peut dissoudre le sang » — Faux. Aucun collyre ne résorbe le sang ; on traite la cause et on laisse le sang se résorber ou on opère
  • « Ça ne peut pas récidiver » — Faux. Sans traitement de la cause (ex. rétinopathie diabétique), le saignement récidive volontiers

Foire aux questions sur l’hémorragie du vitré

Sources et références