Chirurgie réfractive du militaire à Toulon : aptitudes, réglementation et techniques
La chirurgie réfractive chez le militaire est aujourd’hui largement pratiquée et acceptée dans les armées françaises, sous réserve du respect d’un cadre réglementaire précis défini par le profil médical SIGYCOP et par les arrêtés ministériels propres à chaque armée. À Toulon, premier port militaire d’Europe, de nombreux marins, commandos, plongeurs, sous-mariniers et personnels navigants envisagent une opération laser des yeux pour améliorer leurs performances opérationnelles ou pour répondre aux normes d’aptitude exigées à l’engagement. Toutes les techniques ne sont pas équivalentes : la PKR (et trans-PKR) reste la technique de référence pour les militaires opérationnels exposés aux chocs, tandis que le LASIK et le SMILE sont accessibles à de nombreuses spécialités non opérationnelles.

La Chirurgie Réfractive du Militaire en Bref
- Définition : correction chirurgicale au laser ou par implant des troubles de la réfraction (myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie) chez un militaire ou un candidat à l’engagement
- Cadre légal : profil médical SIGYCOP + arrêtés propres à chaque armée (terre 22/09/2023, marine 20/12/2024, air 12/02/2021, PN 22/07/2021)
- Coefficient Y : de Y=1 (vision parfaite) à Y=6 (inapte). Après chirurgie réfractive, le Y attribué dépend de l’amétropie initiale et du résultat (généralement Y=2 à Y=4)
- Limites d’amétropie : ≤ 8 dioptries d’amétropie initiale et longueur axiale ≤ 26 mm pour rester compatible avec une majorité de spécialités
- Techniques recommandées : PKR / trans-PKR (sans découpe — référence militaire), LASIK et SMILE (acceptés pour la plupart des spécialités non opérationnelles)
- Délai d’inaptitude temporaire : 2 mois après LASIK, 3 mois après PKR ou SMILE, 6 mois après hypermétropie chez le Personnel Navigant
- Spécialités à exigence renforcée : Personnel Navigant (pilotes), commandos marine, plongeurs démineurs, sous-mariniers, forces spéciales, parachutistes
- Obligation déclarative : tout militaire en activité doit informer son médecin militaire avant et après l’intervention
- Remboursement : non pris en charge par la Sécurité sociale (chirurgie de confort) — certaines complémentaires militaires (Unéo, GMF, AGPM, Tégo) participent au coût
- Tarifs pratiqués par le Dr Bourdon — 2 400 € les 2 yeux (PKR/trans-PKR) — 2 650 € (LASIK) — 2 750 € (PresbyLASIK) — 2 950 € (SMILE) — 3 050 € (SMILE hypermétropique) — à partir de 3 500 € (implant phaque ICL) — 4 000 € (PreLex)
- Consultations postopératoires incluses dans le tarif
- Chirurgie réfractive du militaire à Toulon : aptitudes, réglementation et techniques
- La Chirurgie Réfractive du Militaire en Bref
- Pourquoi la chirurgie réfractive intéresse-t-elle particulièrement les militaires ?
- Le cadre légal de l'aptitude visuelle dans les armées françaises
- Quelles sont les exigences visuelles selon votre armée ?
- La chirurgie réfractive est-elle autorisée chez les militaires français ?
- Quelle technique de chirurgie réfractive choisir quand on est militaire ?
- Tableau comparatif des techniques pour le militaire
- Les unités d'élite et leurs spécificités
- Délais d'inaptitude après chirurgie réfractive : tableau récapitulatif
- Le bilan préopératoire spécifique du militaire
- Combien coûte une chirurgie réfractive pour un militaire ?
- Conseils pratiques pour les militaires de Toulon et de la région
- Foire aux questions sur la chirurgie réfractive du militaire
- Sources et références
Avertissement : cet article a une vocation strictement informative. Les normes d’aptitude évoluent régulièrement et la décision finale d’aptitude au service ou à une spécialité relève toujours du médecin militaire (Centre Médical des Armées, CEMPN, CMSPN, CPMSPPA). Il est conseillé d’informer son médecin militaire avant l’intervention.
Pourquoi la chirurgie réfractive intéresse-t-elle particulièrement les militaires ?
Pour un militaire, la vision est un outil opérationnel au même titre qu’un fusil ou qu’une radio. La dépendance aux lunettes ou aux lentilles devient rapidement un handicap dans des contextes exigeants : brouillard, transpiration sous casque, gaz lacrymogène, immersion, port du masque NRBC, sauts en parachute, plongée militaire, conduite de char, observation prolongée à la jumelle ou à la lunette de tir.
L’opération laser des yeux apporte au militaire trois bénéfices majeurs :
- Performance opérationnelle accrue — vision nette sans dépendance à un dispositif optique externe, gain de précision et de réactivité sur le terrain
- Liberté en intervention — disparition des contraintes de buée, de chocs sur les lunettes, de perte de lentilles en zone aride ou aquatique
- Élargissement des spécialités accessibles — possibilité d’accéder, dans certaines limites, à des spécialités à fort coefficient Y exigé (commandos, plongeurs, sous-mariniers)
Toulon, qui abrite la plus grande base navale d’Europe, la force des fusiliers marins et commandos et la force d’action navale, voit chaque année de nombreux militaires consulter pour envisager une chirurgie réfractive en cours de carrière ou en vue d’un changement de spécialité.
Le cadre légal de l’aptitude visuelle dans les armées françaises
L’aptitude médicale du militaire français est encadrée par l’article L4132-1 du Code de la défense, qui dispose que nul ne peut exercer la fonction militaire s’il ne possède pas les aptitudes nécessaires. Cette aptitude est résumée dans un profil médical baptisé SIGYCOP, dont chaque lettre désigne une fonction explorée.
Le profil SIGYCOP : qu’est-ce que c’est ?
Le SIGYCOP est l’acronyme qui regroupe les sept domaines évalués lors d’une visite médicale militaire. À chacun, le médecin militaire attribue un coefficient chiffré.
| Sigle | Domaine évalué | Échelle |
|---|---|---|
| S | Ceinture scapulaire et membres supérieurs | 1 à 6 |
| I | Ceinture pelvienne et membres inférieurs | 1 à 6 |
| G | État général | 1 à 6 |
| Y | Yeux et vision | 1 à 6 |
| C | Sens chromatique (vision des couleurs) | 1 à 5 |
| O | Oreilles et audition | 1 à 6 |
| P | Psychisme | 0 à 54 |
Le coefficient Y est le plus susceptible d’évoluer en cours de carrière, en fonction d’une évolution de la réfraction, d’une pathologie oculaire ou d’une chirurgie — y compris une chirurgie réfractive.
Les coefficients du sigle Y (yeux)
Le coefficient Y traduit la fonction visuelle globale. Il prend en compte l’acuité visuelle, la réfraction, le champ visuel, le sens lumineux et la vision binoculaire.
- Y = 1 — Acuité 10/10 chaque œil sans correction, réfraction strictement normale. Exigé pour les unités les plus sélectives (Personnel Navigant chasse, certains commandos)
- Y = 2 — Petite amétropie corrigeable à 10/10 chaque œil. Compatible avec la plupart des spécialités
- Y = 3 — Amétropie plus marquée, 10/10 corrigé. Compatible avec de nombreuses spécialités hors PN et plongée subaquatique
- Y = 4 — Forte amétropie ou pathologie tolérée. Restrictions importantes
- Y = 5 — Inaptitude à la plupart des spécialités opérationnelles
- Y = 6 — Inaptitude définitive au service
Quels textes réglementent l’aptitude visuelle militaire ?
L’aptitude visuelle des militaires français repose sur une architecture réglementaire à plusieurs étages :
- Arrêté du 29 mars 2021 (modifié) — détermination du profil médical d’aptitude en cas de pathologie médicale ou chirurgicale (texte transverse à toutes les armées, encadre les antécédents de chirurgie réfractive)
- Arrêté du 21 avril 2022 — détermination et contrôle de l’aptitude médicale à servir du personnel militaire
- Arrêté du 22 septembre 2023 (modifié 21/12/2023 et 16/12/2024) — normes médicales d’aptitude applicables au personnel militaire de l’armée de terre
- Arrêté du 20 décembre 2024 — conditions médicales et physiques d’aptitude exigées pour le personnel militaire de la marine nationale (remplaçant l’arrêté du 10 septembre 2021)
- Arrêté du 12 février 2021 (modifié 20/12/2024) — normes médicales d’aptitude applicables au personnel militaire de l’armée de l’air et de l’espace
- Arrêté du 22 juillet 2021 — détermination et contrôle de l’aptitude médicale du personnel navigant des forces armées et formations rattachées (PN — texte interarmées)
L’arrêté du 29 mars 2021 précise qu’en cas d’antécédent de chirurgie réfractive, l’attribution du coefficient au sigle Y dépend de trois critères :
- le degré d’amétropie initial (avant chirurgie), qui ne doit pas être supérieur à 8 dioptries
- la longueur axiale du globe oculaire, qui ne peut être supérieure à 26 mm
- les résultats anatomiques et fonctionnels postopératoires
Si ces trois conditions sont remplies, le candidat opéré peut se voir attribuer un coefficient Y compris entre 2 et 6 selon la qualité du résultat. Concrètement, un patient bien opéré présentant 10/10 à chaque œil après chirurgie obtient en règle générale un Y = 2, suffisant pour la grande majorité des spécialités.
Le mot de l’expert
« La chirurgie réfractive a longtemps été regardée avec méfiance dans les armées. Les techniques ayant énormément progressé en termes de sécurité et de stabilité, les états-majors les ont progressivement intégrées dans leur réglementation. Aujourd’hui, à Toulon, je rencontre régulièrement des marins, des fusiliers marins, des sous-mariniers et des commandos qui souhaitent se libérer de leurs lunettes. Mon rôle est d’évaluer la faisabilité, de choisir la bonne technique et de respecter scrupuleusement les délais imposés par leur armée. La règle d’or : ne pas chercher à tricher devant le médecin militaire.
Quelles sont les exigences visuelles selon votre armée ?
Chaque armée fixe ses propres normes en cohérence avec ses missions opérationnelles. Voici les grandes lignes — sachant que seul le médecin militaire est habilité à statuer sur un dossier individuel.
Armée de Terre
L’arrêté du 22 septembre 2023 définit les normes d’aptitude pour l’armée de terre. Les exigences sont graduées selon les emplois :
- Engagés du rang — Y = 4 maximum à l’admission selon la spécialité
- Sous-officiers — Y = 3 souvent exigé
- Officiers — Y = 2 exigé pour la plupart des corps
- Forces spéciales (1er RPIMa, 13e RDP, COS) — Y = 2 voire Y = 1, exigences renforcées
- Parachutistes — Y = 2 généralement, technique sans découpe (PKR) recommandée
- Personnel Navigant ALAT (Aviation Légère de l’Armée de Terre) — relève des normes du PN (arrêté du 22 juillet 2021)
Marine Nationale
L’arrêté du 20 décembre 2024 a remplacé l’arrêté du 10 septembre 2021 et fixe les conditions médicales et physiques d’aptitude pour la marine nationale. À Toulon, premier port militaire d’Europe, ces exigences concernent directement plusieurs dizaines de milliers de marins.
- Marin équipage standard — Y = 3 à 4 selon spécialité, port de lunettes possible avec lunettes de secours
- Quart en passerelle / personnel de pont — exigence particulière sur le critère Y, port des lunettes obligatoire en service avec paire de secours, lentilles autorisées sous condition
- Aéronautique navale (Personnel Navigant Marine) — relève des normes PN (arrêté 22/07/2021), exigences les plus strictes (Y = 1 ou 2)
- Plongeurs démineurs et plongeurs de bord — examen par la Commission Médicale Supérieure du Personnel Plongeur des Armées, normes spécifiques liées à l’hyperbare
- Sous-mariniers (FOST — Force Océanique Stratégique, à Brest mais avec relèves à Toulon) — examen par la commission médicale du personnel sous-marinier, exigences strictes liées au confinement et à l’absence de soins ophtalmologiques en plongée prolongée
- Commandos marine et fusiliers marins — Y = 2 minimum, technique sans flap cornéen (PKR/trans-PKR) fortement recommandée
Pour la reprise de la navigation après une chirurgie réfractive, l’arrêté du 3 août 2017 relatif aux normes d’aptitude médicale à la navigation des gens de mer (qui concerne aussi par référence certains personnels civils embarqués) impose un délai minimum de 3 mois avec avis spécialisé attestant de la cicatrisation et de la récupération fonctionnelle. Pour le militaire de la Marine nationale, les délais propres au PN s’appliquent pour les emplois aéronautiques.
Armée de l’Air et de l’Espace
L’arrêté du 12 février 2021 (modifié 20/12/2024) fixe les normes pour l’armée de l’air et de l’espace. Pour le personnel non navigant, les exigences sont proches de celles de l’armée de terre. Pour le Personnel Navigant (PN), les normes sont définies par l’arrêté interarmées du 22 juillet 2021.
Pour le PN — pilotes de chasse, pilotes de transport, pilotes d’hélicoptères, navigateurs, mécaniciens navigants — les seuils d’aptitude sont :
- Myopie ≤ 6 dioptries
- Hypermétropie ≤ 5 dioptries
- Astigmatisme ≤ 2 dioptries
- Anisométropie (différence entre les deux yeux) ≤ 2 dioptries
- Acuité visuelle minimum 7/10 par œil avec ou sans correction, et 10/10 binoculaire
- Vision du relief et champ visuel normaux
Les stigmates de chirurgie réfractive sont compatibles avec l’aptitude PN chez le candidat pilote ou non-pilote, sous réserve du respect des conditions techniques (amétropie initiale ≤ 8 D, longueur axiale ≤ 26 mm, résultat stable sans complication). C’est une évolution majeure qui a ouvert l’accès au pilotage militaire à de nombreux candidats opérés.
Gendarmerie Nationale
La gendarmerie nationale, statutairement militaire, applique les normes du SIGYCOP avec des exigences propres :
- Gendarme adjoint volontaire — Y = 4 maximum
- Sous-officier de gendarmerie — Y = 3 maximum
- Officier de gendarmerie — Y = 2 généralement
- GIGN — Y = 2 voire Y = 1, exigences physiques et visuelles très strictes
- Gendarmerie aérienne et maritime — normes propres au PN ou à la navigation
La chirurgie réfractive est-elle autorisée chez les militaires français ?
Oui, dans la grande majorité des cas. La chirurgie réfractive a connu une évolution réglementaire majeure depuis vingt ans : longtemps suspecte aux yeux des médecins militaires, elle est aujourd’hui largement pratiquée dans les armées, et même proposée dans certains hôpitaux d’instruction des armées (HIA Bégin, HIA Sainte-Anne à Toulon, HIA Percy, HIA Laveran).
Le candidat à l’engagement (avant le contrat)
Le civil candidat à l’engagement militaire peut tout à fait se faire opérer avant sa visite médicale d’admission. Il doit cependant :
- Déclarer l’intervention dans le questionnaire médical — toute déclaration inadéquate peut entraîner la révocation de l’admissibilité
- Présenter un compte-rendu opératoire détaillé (technique, amétropie initiale, résultat, longueur axiale, stabilité)
- Respecter le délai d’aptitude imposé par l’armée visée (au minimum 3 mois, idéalement 6 à 12 mois pour les spécialités exigeantes)
- Ne pas dépasser les limites réglementaires : amétropie initiale ≤ 8 D, longueur axiale ≤ 26 mm
Le militaire en activité (en cours de carrière)
Pour le militaire déjà en activité, la chirurgie réfractive entraîne une inaptitude temporaire et impose une réévaluation de l’aptitude médicale par le centre d’expertise compétent (CEMPN pour le PN, commission plongée pour les plongeurs, etc.). Trois règles d’or :
- Information préalable du médecin militaire (CMA — Centre Médical des Armées) avant l’intervention
- Choix d’une technique compatible avec la spécialité (PKR/trans-PKR fortement privilégiée pour les emplois opérationnels)
- Respect du délai d’inaptitude et passage en visite de réévaluation au terme du délai
L’opération ne donne pas droit à un arrêt de travail : le militaire doit poser des congés pour la convalescence (5 jours pour la PKR, 2 à 3 jours pour le LASIK ou le SMILE).
Quelle technique de chirurgie réfractive choisir quand on est militaire ?
Le choix de la technique chirurgicale est déterminant pour le militaire car il conditionne :
- la résistance aux chocs postopératoire (présence ou non d’un volet cornéen — flap)
- la durée d’inaptitude temporaire imposée par l’armée
- la compatibilité avec certaines spécialités exigeantes
- la stabilité à long terme nécessaire pour le maintien de l’aptitude
PKR et trans-PKR — la référence pour les militaires opérationnels
La PKR (Photokératectomie Réfractive) et sa variante 100 % laser, la trans-PKR, sont les techniques de référence pour les militaires opérationnels. Le chirurgien remodèle directement la surface de la cornée au laser excimer, sans découper de volet (flap). Avantages spécifiques pour le militaire :
- Aucun volet cornéen — pas de risque de déplacement ou d’arrachement en cas de choc, projection, sauts en parachute, plongée, port du masque NRBC
- Cornée intégralement préservée dans son architecture, résistance maximale aux traumatismes
- Adaptée aux cornées fines, fréquentes chez les jeunes engagés
- Sécheresse oculaire moins marquée qu’en LASIK
- C’est la seule technique cornéenne acceptée par certains corps (commandos, plongeurs militaires, certaines unités d’élite)
L’inconvénient principal est la récupération visuelle plus lente (3 à 5 jours d’inconfort, vision définitive entre 1 et 3 mois) et un délai d’inaptitude temporaire un peu plus long (3 mois pour le PN versus 2 mois pour le LASIK).
LASIK — récupération rapide pour les spécialités non opérationnelles
Le LASIK est la technique la plus pratiquée au monde. Un laser femtoseconde découpe un volet cornéen mince (110 µm), soulevé pour permettre au laser excimer de remodeler la cornée en dessous, puis repositionné comme un pansement biologique.
- Récupération visuelle quasi immédiate (24 heures), reprise du travail en J+1
- Délai d’inaptitude PN le plus court : 2 mois
- Très grande précision, traite toutes les amétropies
- Mais : présence d’un volet cornéen susceptible de se déplacer en cas de traumatisme oculaire violent
Le LASIK est bien adapté aux militaires non exposés aux chocs : personnels d’état-major, administratifs, personnels du soutien, certains spécialistes techniques, gendarmerie de bureau. Il est déconseillé pour les unités opérationnelles exposées au combat rapproché, à la plongée militaire, aux sauts en parachute ou aux fortes accélérations (PN chasse).
SMILE — l’évolution moderne du LASIK
Le SMILE (Small Incision Lenticule Extraction) est la technique la plus récente. Un laser femtoseconde découpe un fin lenticule dans l’épaisseur de la cornée, extrait par une micro-incision de 3 mm (contre 20 mm pour le volet du LASIK).
- Récupération aussi rapide que le LASIK (24-48 h)
- Pas de volet cornéen — résistance mécanique de la cornée bien meilleure qu’après LASIK
- Sécheresse oculaire bien moindre (préservation des nerfs cornéens)
- Bon compromis entre la sécurité de la PKR et la rapidité du LASIK
Le SMILE est de plus en plus accepté pour les emplois opérationnels en France et est notamment utilisé par les armées américaine et israélienne pour leurs forces spéciales. La réglementation française reste en cours d’évolution sur ce point : à confirmer impérativement avec le médecin militaire avant intervention.
Implants phaques ICL/IPCL et PreLex — cas particuliers
L’implant phaque ICL ou IPCL est indiqué pour les fortes myopies (> -10 D) ou les patients dont la cornée est trop fine pour le laser. Il s’agit d’une chirurgie intraoculaire — donc plus invasive — qui peut poser des questions d’aptitude particulières (notamment en plongée militaire ou pour le PN). À discuter au cas par cas avec le médecin militaire.
Le PreLex (cristallin clair) est essentiellement réservé aux militaires de plus de 50 ans présentant une presbytie associée à d’autres amétropies, ou un début de cataracte. La chirurgie est assimilable à une chirurgie de la cataracte avec implant multifocal.
Tableau comparatif des techniques pour le militaire
| PKR / trans-PKR | LASIK | SMILE | |
|---|---|---|---|
| Volet cornéen (flap) | Non | Oui (110 µm) | Non (lenticule) |
| Résistance aux chocs | Maximale | Réduite (volet) | Très bonne |
| Récupération visuelle | 3-5 jours | 24 h | 24-48 h |
| Délai d’inaptitude PN | 3 mois | 2 mois | 3 mois |
| Acceptée commandos / plongeurs | Oui ✅ | Non recommandée | Sous conditions |
| Acceptée parachutistes | Oui ✅ | Non recommandée | Souvent oui |
| Acceptée PN chasse | Oui (selon CEMPN) | Oui (selon CEMPN) | Oui (selon CEMPN) |
| Cornées fines | Oui ✅ | Non | Non |
| Sécheresse postop. | Faible | Plus marquée | Faible |
| Tarif Dr Bourdon (2 yeux) | 2 400 € | 2 650 € | 2 950 € |
Les unités d’élite et leurs spécificités
Personnel Navigant (PN) — pilotes et navigateurs
Le PN regroupe les pilotes de chasse, pilotes de transport, pilotes d’hélicoptères, navigateurs, mécaniciens navigants et contrôleurs aériens militaires. L’aptitude est délivrée par le Centre d’Expertise Médicale du Personnel Navigant (CEMPN) — celui de Toulon Sainte-Anne couvre l’aéronautique navale.
Depuis l’arrêté du 22 juillet 2021, les antécédents de chirurgie réfractive sont compatibles avec l’aptitude PN, candidats pilotes et non-pilotes, sous réserve des conditions techniques (amétropie initiale ≤ 8 D, longueur axiale ≤ 26 mm). Les délais d’inaptitude temporaire imposés sont :
- 2 mois minimum après LASIK
- 3 mois minimum après PKR ou extraction lenticulaire cornéenne (SMILE)
- 6 mois minimum pour toute chirurgie d’hypermétropie, quelle que soit la technique
L’aphakie bilatérale ou unilatérale et la pseudophakie restent incompatibles avec l’aptitude PN, ce qui exclut le PreLex pour les pilotes en activité. Le port de lentilles d’orthokératologie entraîne une inaptitude définitive.
Commandos marine et fusiliers marins
Les commandos marine (Hubert, Trépel, Jaubert, Penfentenyo, Montfort, Kieffer, Ponchardier) et les fusiliers marins sont engagés dans des opérations exposant à des chocs intenses (combat rapproché, sauts opérationnels, plongée tactique). La technique sans flap (PKR/trans-PKR) est très fortement recommandée, voire la seule acceptée selon les unités.
Plongeurs démineurs et plongeurs de bord
L’aptitude à la plongée subaquatique militaire et au travail en milieu hyperbare relève de la Commission Médicale Supérieure du Personnel Plongeur des Armées (CMSPPA). Les exigences sont strictes :
- Pas d’antécédent de chirurgie intraoculaire (donc pas d’ICL ni de PreLex pour la plongée militaire)
- Chirurgie réfractive cornéenne (PKR notamment) autorisée sous conditions, après avis spécialisé attestant de la cicatrisation complète et de l’absence de fragilité cornéenne
- Délai minimum de 3 à 6 mois selon la technique
- Examen ophtalmologique annuel renforcé
Sous-mariniers
Les sous-mariniers de la Force Océanique Stratégique (FOST) et des sous-marins nucléaires d’attaque (SNA basés à Toulon) font l’objet d’un examen spécifique du fait :
- du confinement prolongé (jusqu’à plusieurs mois en immersion sans escale)
- de l’impossibilité d’évacuation médicale en cas de complication oculaire
- de l’atmosphère contrôlée du sous-marin (sécheresse de l’air)
La chirurgie réfractive est possible, sous réserve d’une cicatrisation complète et stable avant toute mission de longue durée (généralement délai de 6 mois minimum recommandé).
Parachutistes
Pour les parachutistes (1er RPIMa, 2e REP, 3e RPIMa, 8e RPIMa, ETAP, troupes aéroportées en général), l’ouverture du parachute génère une brutale décélération, et l’arrivée au sol expose à un choc oculaire potentiel. La PKR/trans-PKR est la technique de référence, le LASIK étant fortement déconseillé en raison du risque de déplacement du flap.
Délais d’inaptitude après chirurgie réfractive : tableau récapitulatif
Les délais ci-dessous sont les minima réglementaires. Le médecin militaire peut imposer un délai plus long en fonction de la spécialité et de l’évolution clinique. Toute chirurgie doit être suivie d’une visite de réévaluation en centre d’expertise.
| Spécialité | PKR / trans-PKR | LASIK | SMILE | Hypermétropie (toute technique) |
|---|---|---|---|---|
| Personnel Navigant (PN) | 3 mois | 2 mois | 3 mois | 6 mois |
| Plongée subaquatique militaire | 3-6 mois | Non recommandé | 3-6 mois | 6 mois |
| Sous-marinier (mission longue) | 6 mois | 3-6 mois | 6 mois | 6 mois |
| Commando / forces spéciales | 3-6 mois | Non recommandé | 3-6 mois | 6 mois |
| Parachutiste | 3 mois | Non recommandé | 3 mois | 6 mois |
| Marin embarqué standard | 3 mois | 2 mois | 3 mois | 6 mois |
| Personnel à terre / soutien | 1-3 mois | 1-2 mois | 1-3 mois | 3-6 mois |
Le bilan préopératoire spécifique du militaire
Le bilan préopératoire standard est complété, chez le militaire, par plusieurs éléments spécifiques :
- Mesure précise de la longueur axiale — qui doit rester inférieure à 26 mm pour respecter les normes SIGYCOP postopératoires
- Recherche de l’amétropie réfractive maximale historique — qui ne doit pas dépasser 8 dioptries
- Discussion de la spécialité visée ou exercée — pour orienter le choix de la technique
- Topographie cornéenne approfondie — pour exclure tout kératocône infraclinique qui serait disqualifiant
- Recommandation forte d’informer le médecin militaire avant l’intervention pour anticiper le délai d’inaptitude et programmer la visite de réévaluation
- Délivrance d’un compte-rendu opératoire détaillé en fin de prise en charge, indispensable pour la commission d’aptitude
Le compte-rendu remis au militaire doit comporter : la technique utilisée, l’amétropie initiale (avec longueur axiale), l’acuité visuelle obtenue, la qualité de la cicatrisation, et la récupération fonctionnelle. Ces données sont indispensables pour la décision d’aptitude.
Combien coûte une chirurgie réfractive pour un militaire ?
La chirurgie réfractive est considérée comme une chirurgie de confort et n’est pas remboursée par la Sécurité sociale, y compris pour les militaires (la Caisse Nationale Militaire de Sécurité Sociale — CNMSS — applique les mêmes règles que le régime général).
Tarifs pratiqués par le Dr Bourdon
| Technique | Tarif 2 yeux | Tarif par œil |
|---|---|---|
| PKR et trans-PKR | 2 400 € | 1 200 € |
| LASIK | 2 650 € | 1 400 € |
| PresbyLASIK | 2 750 € | 1 500 € |
| SMILE | 2 950 € | 1 500 € |
| SMILE hypermétropique | 3 050 € | 1 550 € |
| Implant phaque ICL | À partir de 3 500 € | — |
| PreLex | 4 000 € (2 400 € si cataracte débutante) | 2 000 € |
Mutuelles et complémentaires militaires
Plusieurs mutuelles spécialisées dans le monde militaire proposent des forfaits de prise en charge de la chirurgie réfractive :
- Unéo — mutuelle des armées, forfait variable selon le contrat
- GMF — partenaire historique des forces armées et de la gendarmerie
- AGPM — Association Générale de Prévoyance Militaire
- Tégo — partenaire des défenseurs et des soignants
- MMA, Allianz, AXA — contrats individuels classiques
Le forfait varie de 200 à 1 200 € par œil selon le contrat. Il est conseillé de demander un devis au cabinet pour le transmettre à la complémentaire avant l’intervention. Pour un militaire qui dépense environ 250 à 600 € par an en lunettes et lentilles, l’investissement est généralement amorti en 4 à 5 ans.
Conseils pratiques pour les militaires de Toulon et de la région
À Toulon et dans le Var, les militaires bénéficient d’un écosystème médical militaire dense qui facilite la coordination entre chirurgien réfractif civil et médecine d’armée :
- HIA Sainte-Anne à Toulon — Hôpital d’Instruction des Armées de référence pour la Marine et la 3e Région Militaire
- CEMPN de Toulon — pour l’expertise du Personnel Navigant Marine et l’aéronautique navale
- Centre Médical des Armées de Toulon — premier interlocuteur de tout militaire en activité
- Antennes médicales sur les sites opérationnels (Arsenal, Lazaret, Saint-Mandrier)
Le Dr Hugo Bourdon, ophtalmologue et chirurgien réfractif au Centre Iris — Institut Toulonnais d’Ophtalmologie (281 rue Jean Jaurès, Toulon), accompagne régulièrement des marins, des fusiliers marins, des sous-mariniers, des commandos marine, des plongeurs et des PN dans leur projet de chirurgie réfractive. La proximité géographique avec les bases militaires de Toulon, Saint-Mandrier, Hyères-Le Palyvestre et la BAN du Cannet-des-Maures simplifie la coordination des soins, du bilan préopératoire jusqu’à la visite de réévaluation.
Foire aux questions sur la chirurgie réfractive du militaire
Sources et références
- Arrêté du 22 septembre 2023 relatif aux normes médicales d’aptitude applicables au personnel militaire de l’armée de terre (Légifrance)
- Arrêté du 20 décembre 2024 fixant les conditions médicales et physiques d’aptitude exigées pour le personnel militaire de la marine nationale (Légifrance)
- Arrêté du 22 juillet 2021 relatif à la détermination et au contrôle de l’aptitude médicale du personnel navigant des forces armées et formations rattachées (Légifrance)
- Les aptitudes administratives et professionnelles après chirurgie réfractive — Les Cahiers d’Ophtalmologie (n°210, 2017)
- Aptitude ophtalmologique dans les armées — EM-Consulte
- La chirurgie réfractive — Hôpital National d’Instruction des Armées Bégin
- Refractive Surgery — American Academy of Ophthalmology (AAO)
- Laser Eye Surgery — National Health Service (NHS)
- La chirurgie réfractive — Label QualiDoc
