Opérations et lasers du glaucome à Toulon

Le glaucome est une dégénérescence progressive du nerf optique, le plus souvent causée par un excès de tension oculaire. Deuxième cause de cécité dans le monde, il entraîne une perte irréversible du champ visuel puis de la vision. Aucun traitement ne guérit le glaucome, mais un arsenal thérapeutique complet — collyres, lasers et chirurgies — permet de stabiliser ou ralentir son évolution en abaissant la pression intraoculaire. La stratégie suit une escalade progressive : collyres en première intention, puis laser en consultation si insuffisant, et enfin chirurgie au bloc opératoire pour les cas les plus sévères.

Opération du glaucome améliorant l'évacuation d'humeur aqueuse, pour une baisse pérenne de la tension oculaire
Opération du glaucome
L’essentiel sur :

Les lasers et opérations du glaucome

Objectif : Abaisser la tension oculaire pour ralentir ou stabiliser la perte de champ visuel
Principe : Augmenter l’évacuation de l’humeur aqueuse ou réduire sa sécrétion
Maladie traitée : Glaucome (angle ouvert, angle fermé, secondaire, réfractaire)
Escalade thérapeutique : 1. Collyres → 2. Laser en consultation → 3. Chirurgie au bloc
Traitements laser : SLT (angle ouvert), iridotomie YAG (angle fermé), diode (réfractaire)
Chirurgies : Trabéculectomie, sclérectomie, MIGS, valves de drainage
Séjour laser : Externe (au cabinet, 15-30 min)
Séjour chirurgie : Ambulatoire (entrée et sortie le jour même)
Anesthésie : Locale (gouttes) ± sédation
Résultat attendu : Baisse de la tension oculaire de 20 à 40 % selon la technique
Important : Ne guérit pas le glaucome, ne restaure pas la vision perdue — stabilise la maladie
Coût laser : Remboursé par la Sécurité sociale et mutuelle (+/- complément d’honoraire)
Coût chirurgie : Prise en charge Sécurité sociale + mutuelle

Le mot de l’expert

Les lasers et opérations du glaucome sont en réalité des traitements de la tension oculaire. Ils ne sont pas là pour améliorer la vision, mais pour empêcher la perte de celle-ci ! Plus le glaucome est pris en charge tôt, meilleur est le pronostic. Le nerf optique ne pouvant pas se régénérer, tout ce qui est perdu le restera : il est donc crucial d’agir avant que les dégâts ne soient trop importants.

Dr Hugo Bourdon

Pourquoi opérer le glaucome ? Objectif et principe

Le glaucome détruit progressivement les fibres du nerf optique sous l’effet d’une pression intraoculaire trop élevée. Cette destruction est irréversible : les fibres perdues ne se régénèrent pas, le champ visuel perdu ne se récupère pas. L’objectif de tous les traitements — collyres, lasers ou chirurgies — est donc le même : abaisser la pression intraoculaire pour ralentir ou stopper la progression de la maladie.

Pour y parvenir, deux mécanismes sont possibles :

  • Augmenter l’évacuation de l’humeur aqueuse — C’est le principe de la majorité des traitements : trabéculoplastie SLT, iridotomie, trabéculectomie, sclérectomie, MIGS et valves.
  • Réduire la sécrétion d’humeur aqueuse — C’est le principe du laser diode (cyclo-affaiblissement) et de certains collyres (bêtabloquants, inhibiteurs de l’anhydrase carbonique).

L’escalade thérapeutique : des gouttes à la chirurgie

Le traitement du glaucome suit une logique d’escalade progressive, adaptée à la sévérité de la maladie et à la réponse du patient. À chaque étape, l’objectif reste le même : atteindre une tension oculaire « cible » suffisamment basse pour stabiliser la maladie.

Étape 1 : Les collyres hypotonisants (traitement médical)

Les gouttes oculaires constituent le traitement de première intention du glaucome. Plusieurs classes de collyres peuvent être utilisées seules ou en association :

  • Analogues de prostaglandines (latanoprost, bimatoprost, travoprost) — Augmentent l’évacuation de l’humeur aqueuse. Ce sont les plus prescrits car efficaces en une seule instillation quotidienne.
  • Bêtabloquants (timolol, bétaxolol) — Réduisent la production d’humeur aqueuse. Contre-indiqués en cas d’asthme ou de troubles cardiaques.
  • Inhibiteurs de l’anhydrase carbonique (dorzolamide, brinzolamide) — Diminuent également la production d’humeur aqueuse.
  • Alpha-agonistes (brimonidine) — Double action : réduisent la production et augmentent l’évacuation.
  • Associations fixes — Combinent deux principes actifs dans un seul flacon pour simplifier le traitement et améliorer l’observance.

Les collyres sont efficaces chez la majorité des patients, mais nécessitent une instillation quotidienne à vie. Leur principal inconvénient est le risque de mauvaise observance, de sécheresse oculaire et d’allergies cutanées à long terme. C’est pourquoi le laser peut être proposé en complément, voire en première intention.

Étape 2 : Les traitements laser en consultation

Les lasers du glaucome sont réalisés en consultation au cabinet, en quelques minutes, sous anesthésie locale par gouttes. Ils peuvent être proposés en première intention (pour éviter les gouttes) ou en complément des collyres (pour renforcer leur effet et éviter une chirurgie).

Étape 3 : La chirurgie au bloc opératoire

Lorsque les collyres et le laser ne suffisent pas à contrôler la pression oculaire, ou que le glaucome continue d’évoluer malgré le traitement, une chirurgie au bloc opératoire est nécessaire. Ces interventions sont plus efficaces mais comportent davantage de risques et nécessitent un suivi rapproché.

La trabéculoplastie laser sélective (SLT) — Glaucome à angle ouvert

La trabéculoplastie laser sélective (SLT) est le laser de référence pour le glaucome à angle ouvert, la forme la plus fréquente de la maladie.

  • Principe — Le laser stimule sélectivement les cellules pigmentées du trabéculum (le filtre de drainage de l’œil) sans les détruire, améliorant ainsi l’évacuation de l’humeur aqueuse.
  • Indications — Glaucome primitif à angle ouvert, glaucome pigmentaire, glaucome pseudo-exfoliatif. Peut être proposé en première intention (avant les gouttes) ou en complément des collyres.
  • Déroulement — En consultation, en position assise devant une lampe à fente. Une lentille est posée sur l’œil, puis environ 50 impacts laser indolores sont appliqués sur le trabéculum. Durée : 5 à 10 minutes.
  • Efficacité — Baisse de la pression intraoculaire d’environ 20 %, comparable à celle d’un collyre. L’effet peut durer 2 à 5 ans.
  • Avantages — Indolore, non destructif, répétable si nécessaire. Permet parfois de réduire ou supprimer les collyres.
  • Suites — Collyres anti-inflammatoires pendant 1 semaine. Reprise immédiate des activités.
  • Risques — Pic de tension transitoire, inflammation légère, efficacité limitée chez les patients à trabéculum peu pigmenté.
  • Prix — Remboursé par la Sécurité sociale et les mutuelles. Tarif pratiqué par le Dr Bourdon : 125 € (Sécurité sociale) + 40 € de complément d’honoraire (mutuelle).

L’iridotomie périphérique au laser YAG — Glaucome à angle fermé

L’iridotomie périphérique est le traitement laser de référence pour le glaucome à angle fermé (aigu ou chronique) et sa prévention.

  • Principe — Le laser crée un minuscule orifice (quasi invisible à l’œil nu) dans la périphérie de l’iris, rétablissant la circulation de l’humeur aqueuse entre la chambre postérieure et la chambre antérieure de l’œil. L’angle de drainage se rouvre et la pression diminue.
  • IndicationsGlaucome aigu à angle fermé (urgence), glaucome chronique par fermeture de l’angle, prévention chez les patients à angle étroit. Peut aussi être proposé dans le glaucome pigmentaire pour limiter le frottement irido-cristallinien.
  • Déroulement — En consultation, en position assise. Quelques impacts laser sont appliqués en périphérie de l’iris après instillation d’une goutte de pilocarpine (qui resserre la pupille). Durée : quelques minutes.
  • Efficacité — Très efficace pour prévenir et traiter la fermeture de l’angle. Peut ne pas être suffisante seule : une chirurgie de la cataracte ou une trabéculectomie sont parfois nécessaires pour stabiliser définitivement la tension.
  • Suites — Vision sombre pendant 24 h (effet de la pilocarpine). Collyres anti-inflammatoires pendant 1 semaine.
  • Risques — Micro-saignement iris (bénin), pic de tension transitoire, nécessité de retouche si l’orifice se referme.
  • Prix — Remboursé par la Sécurité sociale et les mutuelles. Tarif pratiqué par le Dr Bourdon : 83 € (Sécurité sociale) + 40 € de complément d’honoraire (mutuelle).

La trabéculectomie — Chirurgie filtrante de référence

La trabéculectomie est l’opération chirurgicale la plus pratiquée dans le monde pour traiter le glaucome lorsque les collyres et le laser ne suffisent plus.

  • Principe — Le chirurgien crée une nouvelle voie de drainage pour l’humeur aqueuse en réalisant un orifice à travers le trabéculum, recouvert d’un volet scléral. Le liquide s’évacue sous la conjonctive où il forme une « bulle de filtration », créant ainsi un shunt permanent qui abaisse la pression oculaire.
  • Indications — Glaucome à angle ouvert ou fermé, non contrôlé par les collyres et le laser. Glaucome sévère ou rapidement évolutif nécessitant une baisse tensionnelle importante.
  • Séjour — Ambulatoire (entrée et sortie le même jour), au bloc opératoire.
  • Anesthésie — Locale avec sédation, ou générale selon le patient.
  • Efficacité — C’est la chirurgie la plus puissante : baisse de tension de 30 à 40 %. Elle permet souvent de réduire ou supprimer les collyres.
  • Suivi postopératoire — Très rapproché les premières semaines. La cicatrisation de la bulle de filtration doit être surveillée attentivement. Des « réglages » sont parfois nécessaires : ablation de fils ajustables au laser, ou needling (levée d’adhérence) si la bulle cicatrise trop.
  • Risques — Hypotonie oculaire (pression trop basse), inflammation, infection de la bulle de filtration (blébite), cicatrisation excessive nécessitant une réintervention, baisse de vision transitoire.
  • Prise en charge — Remboursée par la Sécurité sociale et les mutuelles.

La sclérectomie profonde non perforante (SPNP)

La sclérectomie profonde non perforante est une alternative à la trabéculectomie, développée pour offrir une chirurgie filtrante avec moins de risques d’hypotonie postopératoire.

  • Principe — Le chirurgien amincit le trabéculum sans le perforer (d’où le terme « non perforante »), permettant à l’humeur aqueuse de suinter à travers cette fine membrane résiduelle. Un implant de collagène peut être placé pour maintenir l’espace de filtration ouvert.
  • Indications — Glaucome à angle ouvert. Particulièrement choisie quand le risque d’hypotonie est élevé ou quand une chirurgie plus douce est souhaitée.
  • Avantages — Moins de risque d’hypotonie et de complications postopératoires immédiates par rapport à la trabéculectomie.
  • Limites — Efficacité légèrement inférieure à la trabéculectomie. Nécessite parfois une « goniopuncture » au laser en postopératoire pour perforer la fine membrane restante et augmenter la filtration.
  • Prise en charge — Remboursée par la Sécurité sociale et les mutuelles.

Les MIGS — Chirurgies mini-invasives du glaucome

Les MIGS (Micro-Invasive Glaucoma Surgery) regroupent un ensemble de techniques chirurgicales innovantes et peu invasives, développées pour offrir une alternative aux chirurgies filtrantes classiques.

  • Principe — Selon le dispositif, les MIGS facilitent le drainage de l’humeur aqueuse via le canal de Schlemm (stents trabéculaires comme l’iStent), via l’espace sous-conjonctival (XEN Gel Stent, Preserflo), ou via la voie suprachoroïdienne.
  • Indications — Glaucomes légers à modérés. Souvent réalisés en association avec la chirurgie de la cataracte pour un double bénéfice en une seule intervention.
  • Avantages — Moins invasifs que la trabéculectomie, récupération plus rapide, suivi postopératoire moins contraignant.
  • Limites — Efficacité tensionnelle généralement inférieure à la trabéculectomie. Le recul clinique est encore limité pour certains dispositifs, et plusieurs ont été retirés du marché après quelques années. La prudence reste de mise dans leur utilisation.
  • Prise en charge — Variable selon le dispositif. À discuter avec votre chirurgien.

Les valves de drainage (implants de Ahmed, Baerveldt)

Les valves de drainage sont des dispositifs implantables de dernier recours, réservés aux glaucomes complexes ou réfractaires.

  • Principe — Un tube fin est inséré dans la chambre antérieure de l’œil et relié à un plateau posé sous la conjonctive, en arrière. L’humeur aqueuse s’évacue par le tube vers le plateau, créant un drainage permanent.
  • Indications — Glaucomes réfractaires après échec des chirurgies filtrantes, glaucomes néovasculaires, glaucomes post-traumatiques, glaucomes uvéitiques.
  • Modèles — La valve d’Ahmed (avec mécanisme de régulation) et l’implant de Baerveldt (sans valve) sont les deux plus utilisés.
  • Risques — Hypotonie, érosion conjonctivale, obstruction du tube, contact cornéen.
  • Prise en charge — Remboursée par la Sécurité sociale.

Le laser diode — Cyclo-affaiblissement pour le glaucome réfractaire

Le laser diode est un traitement des glaucomes réfractaires, c’est-à-dire non contrôlés malgré les traitements médicaux, laser et chirurgicaux classiques.

  • Principe — Contrairement aux autres techniques qui augmentent l’évacuation, le laser diode agit en réduisant la production d’humeur aqueuse. Il « cautérise » partiellement les corps ciliaires (structures qui sécrètent l’humeur aqueuse) à travers la sclère.
  • Deux techniques — Le mode thermique (continu) est le plus puissant mais peut entraîner davantage de complications. Le mode micropulse (fractionné) est plus doux, moins douloureux, et entraîne moins de risques d’hypotonie.
  • Indications — Glaucome réfractaire, glaucome néovasculaire, glaucome post-traumatique, ou patient fragile ne pouvant pas supporter une chirurgie filtrante au bloc.
  • Risques — Hypotonie oculaire, inflammation, douleur postopératoire (mode thermique), nécessité de retraitement.
  • Prise en charge — Remboursée par la Sécurité sociale.

Opération de la cataracte et glaucome : un double bénéfice

Chez les patients atteints à la fois d’un glaucome et d’une cataracte, la chirurgie de la cataracte peut apporter un double bénéfice : amélioration de la vision par le remplacement du cristallin opacifié, et baisse de la tension oculaire par l’ouverture de l’angle irido-cornéen.

C’est particulièrement vrai dans le glaucome à angle fermé, où le cristallin volumineux contribue à la fermeture de l’angle. De plus, un geste supplémentaire sur la tension peut être réalisé en fin d’intervention : pose d’un drain (MIGS type iStent), permettant de traiter les deux pathologies en une seule opération.

Quel traitement pour quel type de glaucome ?

Le choix du traitement dépend du type de glaucome, de sa sévérité et de la réponse aux traitements précédents :

  • Glaucome à angle ouvert débutant → Collyres et/ou laser SLT en première intention.
  • Glaucome à angle ouvert modéré à sévèreTrabéculectomie ou sclérectomie si collyres + laser insuffisants.
  • Glaucome à angle ferméIridotomie laser en urgence ou en prévention, puis chirurgie de la cataracte ou trabéculectomie si nécessaire.
  • Glaucome pigmentaire → Collyres, laser SLT (trabéculum très pigmenté = bonne réponse), +/- iridotomie préventive.
  • Glaucome + cataracte → Chirurgie de la cataracte combinée à un MIGS ou une chirurgie filtrante.
  • Glaucome réfractaireLaser diode, valves de drainage ou MIGS.

En résumé

Le glaucome est une maladie chronique qui nécessite un suivi à vie. Si aucun traitement ne le guérit, l’arsenal thérapeutique actuel — collyres, lasers et chirurgies — permet de préserver efficacement la vision dans la grande majorité des cas, à condition d’une prise en charge précoce et d’un suivi régulier par un ophtalmologiste spécialisé. Le choix du traitement repose sur le type de glaucome, sa sévérité, et la réponse individuelle du patient. N’hésitez pas à consulter pour évaluer votre situation et définir la stratégie la plus adaptée.

Questions fréquentes sur les opérations du glaucome

Sources