OACR à Toulon : l’AVC de l’œil, une urgence à reconnaître
L’occlusion de l’artère centrale de la rétine (OACR) est un véritable accident vasculaire de l’œil : l’artère qui nourrit la rétine est brutalement bouchée, le plus souvent par un caillot ou, plus rarement, par une inflammation des artères (maladie de Horton). La rétine, privée d’oxygène, cesse de fonctionner, entraînant une perte de vision soudaine, profonde et indolore d’un œil. Comme pour un AVC cérébral, chaque minute compte : il faut consulter en urgence (appel au 15). Le pronostic visuel reste malheureusement souvent réservé, mais l’enjeu majeur est ailleurs : l’OACR annonce un risque élevé d’AVC ou d’atteinte du second œil. Un bilan et une prévention rigoureux sont donc indispensables.

L’essentiel sur :
L’occlusion de l’artère centrale de la rétine
- Définition : obstruction brutale d’une artère de la rétine entraînant une ischémie
- Symptômes : baisse de vision brutale, profonde et indolore d’un œil
- Causes : caillot (embolie), thrombose, inflammation (maladie de Horton)
- Urgence : oui, absolue — équivalent d’un AVC, appel au 15
- Diagnostic : fond d’œil + OCT, puis bilan vasculaire et CRP en urgence
- Traitement : prévention d’un nouvel AVC, corticoïdes si Horton
- Complications : baisse de vision définitive, AVC, atteinte du 2ᵉ œil
- L'occlusion de l'artère centrale de la rétine
- Définition : un infarctus de la rétine
- Symptômes de l'OACR
- Les différentes formes d'occlusion artérielle rétinienne
- Causes et facteurs de risque de l'OACR
- Diagnostic de l'OACR
- Diagnostics différentiels
- Conduite à tenir : une urgence absolue
- Traitement de l'OACR
- Prévention de l'OACR
- Évolution et pronostic de l'OACR
- Complications de l'OACR
- Idées reçues sur l'OACR
- Vivre avec et après une OACR
- Foire aux questions sur l'OACR
- Sources et références
Définition : un infarctus de la rétine
L’occlusion de l’artère centrale de la rétine (OACR) survient lorsque le flux sanguin dans l’artère qui irrigue la rétine est brutalement interrompu. La rétine, tissu très sensible situé au fond de l’œil et indispensable à la vision, se retrouve privée d’oxygène. En l’absence de circulation, elle cesse rapidement de capter les images : la baisse de vision est soudaine et le plus souvent permanente.
C’est l’équivalent, pour l’œil, d’un accident vasculaire cérébral. À ce titre, l’OACR n’est pas seulement un problème oculaire : elle signale une maladie vasculaire générale et un risque imminent d’AVC. Sa prise en charge est donc double : tenter de limiter les dégâts oculaires dans les toutes premières heures, et surtout prévenir un nouvel accident.
Le mot de l’expert
« L’occlusion de l’artère centrale de la rétine est un véritable AVC de l’œil. Le pronostic visuel est souvent décevant, et c’est dur à entendre pour le patient. Mais je leur explique toujours que le vrai combat se joue ailleurs : éviter le prochain accident. Car après une OACR, le risque d’AVC cérébral ou d’atteinte du second œil — synonyme de cécité — est réel dans les jours qui suivent. Une OACR, c’est donc une urgence à gérer comme un AVC, avec un bilan vasculaire complet et, chez les plus de 50 ans, la recherche systématique d’une maladie de Horton. »
Symptômes de l’OACR
- Perte de vision soudaine et indolore d’un œil, en quelques secondes, totale ou très profonde.
- Amputation brutale d’une partie du champ visuel en cas d’occlusion d’une branche artérielle.
- Épisodes transitoires préalables : une perte de vision brève et réversible d’un œil (amaurose fugace) peut précéder l’occlusion — c’est un signal d’alarme à ne jamais négliger.
- Absence de douleur, ce qui peut faussement rassurer et retarder la consultation.
Les différentes formes d’occlusion artérielle rétinienne
- Occlusion de l’artère centrale : tout le territoire rétinien est touché, avec une perte de vision profonde.
- Occlusion de branche artérielle : seule une partie de la rétine est concernée, avec une amputation partielle du champ visuel.
- Forme embolique : la plus fréquente, liée à un caillot venu de la carotide ou du cœur.
- Forme artéritique (maladie de Horton) : liée à une inflammation des artères, à rechercher en urgence après 50 ans car elle menace rapidement le second œil.
- Amaurose fugace : occlusion transitoire, équivalent d’un accident ischémique transitoire, qui annonce un risque imminent.
Causes et facteurs de risque de l’OACR
L’OACR est le plus souvent provoquée par un caillot ou une embolie qui bouche l’artère. Les principaux facteurs de risque sont cardiovasculaires :
- Hypertension artérielle et athérosclérose (notamment des carotides).
- Âge avancé, diabète, hypercholestérolémie.
- Tabagisme et obésité.
- Maladies du cœur (fibrillation atriale) et troubles de la coagulation.
Zoom sur la maladie de Horton
Plus rarement, l’OACR résulte d’une artérite à cellules géantes (maladie de Horton), une inflammation des artères. Elle touche surtout les patients de plus de 50 ans et s’accompagne souvent de maux de tête récents, de douleurs à la mâchoire en mangeant, d’une fatigue et d’un amaigrissement. La reconnaître est vital : un traitement par corticoïdes en urgence permet de protéger le second œil d’une cécité.
Diagnostic de l’OACR
- Examen du fond d’œil : rétine pâle et œdématiée, avec parfois une « tache rouge cerise » au centre de la macula et la visualisation d’un embole.
- OCT : montre la souffrance des couches de la rétine.
- Angiographie à la fluorescéine : visualise le ralentissement ou l’arrêt du flux sanguin.
- Bilan sanguin en urgence : CRP et VS à la recherche d’une maladie de Horton, recherche de troubles de la coagulation.
- Bilan vasculaire : échographie des vaisseaux du cou, échographie cardiaque, électrocardiogramme et IRM cérébrale à la recherche d’un AVC associé.
Diagnostics différentiels
- Névrite optique et neuropathie optique ischémique.
- Occlusion de la veine centrale de la rétine (mécanisme veineux, et non artériel).
- Hémorragie du vitré.
- Décollement de rétine et autres causes de baisse de vision brutale.
Conduite à tenir : une urgence absolue
Devant une perte de vision brutale d’un œil, il faut agir comme face à un AVC :
- Appeler le 15 ou se rendre immédiatement aux urgences : chaque minute compte.
- Bilan en urgence : recherche d’une maladie de Horton (prise de sang), IRM cérébrale à la recherche d’un AVC récent, imagerie des vaisseaux du cou et du cœur.
- Mise en route immédiate du traitement adapté à la cause.
- Ne jamais banaliser une perte de vision même transitoire (amaurose fugace) : elle annonce un risque imminent.
Traitement de l’OACR
Il n’existe à ce jour aucun traitement fiable permettant de restaurer la vision une fois l’occlusion installée. La prise en charge poursuit deux objectifs :
- Corticoïdes à forte dose en urgence si une maladie de Horton est suspectée, pour protéger le second œil.
- Prévention vasculaire : antiagrégants, contrôle de la tension, du diabète et du cholestérol, traitement d’une cause cardiaque ou carotidienne.
Certaines mesures à la phase aiguë (massage oculaire, baisse de la pression de l’œil) n’ont pas démontré d’efficacité claire. Des traitements comme la thrombolyse ou la thrombectomie sont à l’étude dans des centres spécialisés, uniquement dans une fenêtre de quelques heures après le début des symptômes.
Prévention de l’OACR
- Contrôler l’hypertension, le diabète et le cholestérol.
- Arrêter le tabac.
- Maintenir un poids de forme et une activité physique régulière.
- Adopter une alimentation saine et un suivi cardiovasculaire régulier.
Évolution et pronostic de l’OACR
- Récupération visuelle souvent limitée : les lésions deviennent vite irréversibles, d’où l’importance de la rapidité de prise en charge.
- Risque vasculaire élevé dans les suites : l’OACR est un marqueur d’AVC imminent.
- Pronostic conditionné par la qualité du bilan et de la prévention secondaire.
Complications de l’OACR
- Perte de vision définitive de l’œil atteint (fréquente).
- AVC cérébral ou occlusion du second œil.
- Glaucome néovasculaire (plus rare), par formation de vaisseaux anormaux.
Idées reçues sur l’OACR
- « Ça ne fait pas mal, donc ce n’est pas grave. » Faux : l’absence de douleur est trompeuse, l’OACR est une urgence absolue.
- « C’est juste un problème d’œil. » Non : c’est un AVC, le signe d’une maladie vasculaire qui menace le cerveau.
- « La vision va revenir avec le temps. » Le plus souvent, la perte est définitive ; toute la stratégie vise à protéger ce qui reste.
- « Une vision qui revient seule, inutile de consulter. » Au contraire : une amaurose fugace est un signal d’alarme majeur.
- « Le bilan peut attendre. » Non : il est urgent, pour éviter un AVC dans les heures ou jours suivants.
Vivre avec et après une OACR
Après une OACR, l’accompagnement vise à tirer le meilleur parti de la vision restante (souvent celle de l’autre œil) et à protéger l’avenir vasculaire. La rééducation basse vision, l’adaptation du domicile et des aides optiques peuvent aider en cas de gêne importante.
Le suivi conjoint avec le médecin traitant, le cardiologue et le neurologue est essentiel : c’est lui qui, en contrôlant les facteurs de risque et la cause de l’occlusion, réduit le risque d’un nouvel accident. Bien suivie, la grande majorité des personnes évitent une récidive.
