Implants intraoculaires : l’alternative au laser à Toulon (ICL, Prelex)
La chirurgie réfractive au laser (LASIK, PKR, SMILE) ne convient pas à tous les patients. Forte myopie ou hypermétropie, cornée trop fine, presbytie associée : autant de situations où le laser est contre-indiqué. Heureusement, il existe des alternatives tout aussi efficaces : les implants intraoculaires. Deux solutions principales sont disponibles : l’implant phaque ICL torique (lentille posée à l’intérieur de l’œil, cristallin conservé) et le Prelex (remplacement du cristallin par un implant multifocal). Au Centre Iris – Institut Toulonnais d’Ophtalmologie, le Dr Hugo Bourdon propose les deux techniques.

- Les implants intraoculaires comme alternative au laser
- Quand opter pour un implant plutôt que le laser ?
- Les deux types d'implants intraoculaires
- Tableau comparatif ICL torique vs Prelex
- Préparation et suivi postopératoire
- Les risques potentiels
- Aspects financiers et remboursement
- Questions fréquentes
- Conclusion
- Sources
Le mot de l’expert sur les implants intraoculaires
Les implants intraoculaires ne sont pas un « plan B » quand le laser n’est pas possible — c’est dans bien des cas la solution optimale. Pour une myopie au-delà de -8 dioptries, l’ICL torique donne une qualité de vision supérieure au laser, sans aberrations cornéennes induites. Pour un patient presbyte de plus de 50 ans qui veut se passer totalement de lunettes, le Prelex avec un implant trifocal moderne (comme le RayOne Galaxy) est la seule technique qui corrige simultanément loin, intermédiaire et près. À Toulon, je propose les deux techniques avec les implants de dernière génération.
Dr Hugo Bourdon
Quand opter pour un implant plutôt que le laser ?
Le laser cornéen (LASIK, PKR, SMILE) n’est pas adapté à toutes les situations. Les implants intraoculaires sont la solution de choix dans les cas suivants :
- Myopie forte (supérieure à -8 dioptries) — le laser est techniquement possible jusqu’à -10 D mais la qualité de vision se dégrade au-delà de -8 D
- Hypermétropie importante (supérieure à +6 dioptries) — au-delà, le laser est contre-indiqué
- Cornée trop fine (< 500 µm) — voir notre article cornée trop fine pour le laser
- Topographie cornéenne irrégulière ou suspicion de kératocône fruste
- Sécheresse oculaire sévère qui s’aggraverait après chirurgie laser
- Presbytie chez les patients de plus de 50 ans souhaitant se passer de lunettes loin et près
- Début de cataracte chez un patient encore actif
Les deux types d’implants intraoculaires
1. L’implant phaque ICL torique
L’implant phaque ICL (Implantable Collamer Lens), fabriqué par STAAR Surgical, est une lentille en collamer biocompatible posée à l’intérieur de l’œil entre l’iris et le cristallin naturel qui est conservé. Le cristallin garde donc toute son accommodation naturelle.
Indication idéale : patient de 21 à 45 ans, myopie forte ou hypermétropie, cornée fine, vision stable depuis 1 an.
- Avantages : Correction des très fortes amétropies (myopie jusqu’à -20 D, hypermétropie jusqu’à +10 D, astigmatisme jusqu’à 6 D), procédure réversible, maintien de l’accommodation, excellente qualité de vision sans aberrations cornéennes induites, aucune manipulation de la cornée.
- Déroulement : Ambulatoire sous anesthésie locale, 15-20 min par œil, micro-incision 2-3 mm, pas de point de suture, récupération 24-48 h, reprise du travail 3-7 jours.
- Modèle utilisé au Centre Iris : ICL EVO+ V5 avec aquaport central, qui supprime la nécessité d’une iridotomie laser préalable.
2. Le Prelex (Presbyopic Lens Exchange)
Le Prelex, également appelé RLE (Refractive Lens Exchange), consiste à remplacer le cristallin naturel par un implant multifocal. La technique est strictement identique à la chirurgie de la cataracte, à ceci près qu’elle est effectuée chez un patient dont le cristallin est encore clair.
Indication idéale : patient de plus de 50 ans, presbyte, avec ou sans cataracte débutante, souhaitant se libérer totalement des lunettes.
- Avantages : Correction simultanée de la vision de loin et de près, solution définitive, prévention de la cataracte future, accès aux implants haut de gamme (trifocaux, EDOF, toriques — comme le RayOne Galaxy).
- Déroulement : Anesthésie locale par collyres + sédation légère possible, 10-15 min par œil, phacoémulsification, récupération progressive sur quelques semaines.
- Neuroadaptation : Pour les implants multifocaux, période d’adaptation neurosensorielle de 2 à 6 mois pour que le cerveau apprenne à utiliser les différents foyers de l’implant.
Tableau comparatif ICL torique vs Prelex
| Critère | ICL torique | Prelex (RLE) |
|---|---|---|
| Âge idéal | 21-45 ans | 50 ans et + |
| Cristallin | Conservé | Remplacé |
| Réversibilité | Oui (implant retirable) | Non |
| Accommodation | Préservée | Perdue (implant multifocal) |
| Vision de près | Non corrigée | Corrigée (multifocal) |
| Myopie max | -20 D | Toutes |
| Hypermétropie max | +10 D | Toutes |
| Prévention cataracte | Non | Oui |
| Récupération | 24-48 h | 1-4 semaines + neuroadaptation |
| Tarif Dr Bourdon | 3 500 € (2 yeux) | 4 000 € ou 2 400 € si cataracte |
Préparation et suivi postopératoire
Avant l’intervention : bilan ophtalmologique complet, biométrie de précision (IOLMaster), topographie cornéenne, OCT segment antérieur pour mesurer chambre antérieure et sulcus (taille de l’ICL), comptage endothélial, fond d’œil dilaté, arrêt des lentilles 2-4 semaines, discussion détaillée des options.
Après l’intervention : collyres antibiotiques et anti-inflammatoires pendant 1 mois, suivi à J+1, J+7, M+1, M+6 puis annuel à vie, coque la nuit pendant 1 semaine, lunettes de soleil, pas de baignade pendant 2 semaines, reprise progressive du sport.
Les risques potentiels
Comme toute chirurgie intraoculaire, la pose d’implants comporte des risques rares mais réels : infection (endophtalmie, < 1/1000), cataracte précoce spécifique à l’ICL (< 0,5 %/an), élévation de la pression intraoculaire, décompensation endothéliale à long terme, halos lumineux nocturnes (15-20 % des Prelex), difficulté d’adaptation aux multifocaux (5-10 %).
Aspects financiers et remboursement
La pose d’implants intraoculaires à visée réfractive est considérée comme de la chirurgie de confort et n’est donc pas remboursée par la Sécurité Sociale. Prise en charge partielle par les mutuelles possible (100 à 800 € par œil). Exception : si une cataracte avérée est diagnostiquée, le Prelex est pris en charge au tarif de la chirurgie de cataracte, avec un complément possible pour le surcoût de l’implant premium.
Questions fréquentes
Conclusion
Les implants intraoculaires représentent une excellente alternative au laser pour les patients non éligibles à la chirurgie réfractive cornéenne — et dans certains cas (forte myopie, presbytie chez le patient mûr) une solution même supérieure au laser. Au Centre Iris à Toulon, le Dr Hugo Bourdon propose les deux techniques avec les implants de dernière génération (ICL EVO+ V5, implants trifocaux premium RayOne Galaxy). Une consultation préopératoire dédiée permet de déterminer la solution la plus adaptée à votre cas.
Sources
- American Academy of Ophthalmology — Intraocular Lens Implant
- EyeWiki — Phakic Intraocular Lens Implantation
- EyeWiki — Refractive Lens Exchange
- NHS — Laser Eye Surgery and Lens Surgery
- Société Française d'Ophtalmologie
Article rédigé et relu par le Dr Hugo Bourdon, chirurgien ophtalmologue à la Clinique Saint-Michel ELSAN et au Centre Iris – Institut Toulonnais d'Ophtalmologie (281 rue Jean Jaurès, Toulon).
